Une ombre au-dessus de l’épaule de Han Solo, un Stormtrooper qui se cogne le front sur une porte automatique, les semelles de pompes du costume de Chewbacca, la saga Star Wars n’a jamais pu complètement échapper aux petites erreurs de raccord ou aux maladresses de plateau qui frappent toute bonne production de cette importance. Habituées aux anachronismes, les sagas en costume, aux décors imposants et aux accessoires variés embarquent généralement leur lot d’anachronismes marrants. The Mandalorian ne déroge pas à la règle, avec le fameux mec en jeans, apparu dans le quatrième épisode de la deuxième saison de la série.

Baptisé « The Siege » et mis en scène par le bon Carl Weathers, ce-dernier était l’occasion de retrouver les personnages de Greef Karga et Cara Dune aux côtés du héros casqué. Le temps d’un court plan horizontal, un technicien de plateau s’invitait dans le champ au détour du décor, vêtu d’un ample t-shirt gris et d’un blue jean de bonne facture. Sur les réseaux sociaux, tout le temps une bonne occasion de se marrer, et de rappeler que les équipes techniques de Game of Thrones n’ont pas le monopole de la gaffe du café paumé sur un coin de table. Mais, si saga Star Wars est effectivement connue pour ce genre de petites erreurs, on lui prête surtout une infatigable, éreintante volonté de corriger le tir. Sans surprises, Disney+ a décidé d’éditer l’épisode pour retirer le mec au jean, qui entre donc dans l’histoire des performances frustrées du cinéma, coupé au montage comme Harrison Ford de E.T. L’Extra-Terrestre.

George Lucas, toujours présent comme un fantôme de Force

Plusieurs voix se seront élevées sur le web pour protester contre cette petite manipulation de l’image : si la présence du mec au jean n’a rien de fondamentalement utile, la méthode évoque le souvenir douloureux des remasterisations de la trilogie originale de Star Wars, appliquée à The Mandalorian. Le réalisateur des trois premiers volets de la saga, George Lucas, se sera fait une spécialité des versions 2.0. de ses propres films, quitte à altérer la compréhension de certains éléments originaux (la plus populaire étant certainement la découverte des enfants de Vador dans l’Empire Contre-Attaque), ou plus simplement, de trifouiller les souvenirs des fans en bougeant quelques curseurs dans le montage, sur des points superflus ou carrément voyants.

Comme l’observe la rédaction de Gizmodo, la méthode est aussi assez bluffante sur le papier, dans ce qu’elle permet d’imaginer pour l’avenir de ce genre de productions : permettre à un diffuseur de corriger un élément comme on édite un post de blog, une nouveauté que permet la diffusion de contenu en streaming avec des épisodes stockés sur un serveur et modifiables en temps réel sans que personne ne s’aperçoive de rien. Sur un plan plus prosaïque, on se demande surtout pourquoi Disney+ avait besoin de toucher à The Mandalorian, ces petites erreurs étant généralement assez charmantes pour des productions de grande ampleur, appropriées par les fans et comptées dans les anecdotes méta’ des projets de ce genre.

L’exemple du mec au jean est d’ailleurs assez éloquent : dès la diffusion de l’épisode de The Mandalorian, l’amiral « Jeff Blue Jeans » eut droit à sa propre page sur le Wookipedia comme un élément de canon authentique du lore Star Wars, entre autres memes pas trop mal foutus.

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