En septembre dernier, les entreprises Disney devaient se séparer de 28.000 salariés. Un chiffre rond et imposant qui représente une bonne partie des employés du département des parcs d’attraction (pour la plupart, à temps partiel), secteur d’activité durement frappé par la pandémie de COVID-19 depuis le mois de mars. Le groupe publie une feuille de route revue et corrigée pour ce plan (massif) de licenciements, chiffré à 32.000 employés au total selon un nouveau communiqué officiel.

En périphérie, 37.000 autres salariés sont actuellement en situation de furlough (une sorte de congé sabbatique forcé, qui leur assure de retrouver leur emploi à terme et de conserver leurs avantages contractuels pour le moment, à l’exception des salaires), mais ne devraient pas faire partie des victimes de ces licenciements selon la rédaction de Variety. Le plan de départ sera exécuté d’ici le premier semestre de l’année prochaine. L’état de Floride, énorme concentration de l’activité du groupe Disney pour les parcs, devra se préparer à cet afflux massif de nouveaux chômeurs d’ici 2021 avec une situation déjà très compliquée pour l’économie en pleine période de pandémie.

Sou Fétiche

Au terme du troisième trimestre de cette année, le groupe Disney annonçait de nouvelles pertes chiffrées à 710 millions de dollars, dans un ensemble de 7 milliards de déficit depuis les premiers symptômes de COVID-19 aux Etats-Unis et en Chine. Le parc d’attractions Disneyland à Anaheim, en Californie, a été fermé, la plupart des autres parcs ont été mis à l’arrêt pendant plusieurs mois puis rouverts en fréquentation limitée, le département des croisières a également été condamné, les magasins de jouet n’ont pas pu opérer pendant le confinement, et les salles de cinéma, poumon historique de l’activité économique du groupe, ont notoirement fait partie des premiers lieux publics à être visés par les mesures de fermeture sanitaire. Selon différents analystes et les chiffres d’audiences de l’agrégateur Nielsen, l’opération Mulan, proposé sur la plateforme Disney+ avec un surcoût de 30 dollars, n’a pas non plus porté ses fruits.

Les pontes de Disney commencent tout de même à apercevoir un brin de lumière au bout de ce long tunnel : récemment, le prix de l’action unitaire revenait à son seuil habituel de 150 dollars, suite aux mesures prises par la compagnie pour rassurer les investisseurs boursiers : la reconversion à long-terme de l’entreprise vers la VOD au détriment de l’activité cinématographique classique, les bons chiffres de Disney+, et le licenciement des 28.000 employés annoncés en septembre (et mis à jour depuis). Les plans de départ massif ont l’avantage de rassurer les financiers en période de crise, compte tenu du coût de la masse salariale, à défaut de donner l’image d’un groupe proche de ses employés. Sur la pandémie de COVID-19, le secteur privé a obtenu un passe-droit dans l’esprit du public pour ce genre d’opérations coup de poing – justifiées par un contexte économique particulièrement dur. Reste à voir dans quel état se retrouvera la situation de l’emploi aux Etats-Unis une fois la poussière pandémique retombée.

Il y a fort à parier sur de futurs licenciements dans les départements des studios de cinéma et de la télévision, compte tenu de la direction prise par le groupe Disney pour revenir à l’équilibre (selon les porte-paroles des dirigeants, d’ici la fin d’année 2021). L’entreprise n’exclut aucune porte de sortie : levées de fonds, réduire les contributions aux fonds de pensions ou aux plans médicaux d’après-retraite, réduire les investissements dans le contenu original dans les sphères des programmes télévisés ou du cinéma, et, bien entendu, de nouveaux plans de départ à définir, d’après le communiqué officiel.

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