Mourir pouvait donc attendre. Dans un communiqué du genre qui n’étonne plus, la MGM et Universal annoncent reporter une seconde fois le film No Time to Die, dernier volet de la saga de Daniel Craig dans le costume de James Bond. En mars dernier, le projet avait, en quelque sorte, lancé la mode des retards, en passant d’une date de sortie originellement prévue pour avril 2020 a un premier report à novembre 2020. Le studio prévoit déjà une sortie au 21 avril 2021, sur la base du pari habituel d’une normalité systématiquement repoussée. Cette fois ci, Bond ne tentera donc pas de coup de poker.

Ruée vers l’ordre

Les observateurs de Variety justifient ce retard par l’échec relatif du Tenet de Christopher Nolan dans les salles, seule production de cette ampleur à avoir choisi de sortir, en dépit de la pandémie, à la fin de l’été. Autre facteur déterminant : le gros des audiences de la saga James Bond serait généralement réalisé à l’international. Le reflux de cas de COVID-19 en Europe, couplé à la fermeture du réseau d’exploitation traditionnel à New York et Los Angeles, aurait poussé le studio à choisir la sécurité en remettant une fois encore la sortie du projet à plus tard. Une décision vraisemblablement prise en catastrophe – pour preuve, le clip musical du morceau No Time to Die de l’artiste Billie Eilish était mis en ligne dans la journée d’hier (en plus d’un bout de bande-originale composée par Hans Zimmer). Historiquement, ces accompagnements musicaux font partie intégrante de la campagne promotionnelle de chaque film James Bond, et l’amorce de cette partie aurait du sonner le gros de la tournée de com’ autour du film en prévision d’une sortie calée au mois prochain jusqu’à ces derniers jours.

A voir si cet énième retard à l’allumage ne risque pas de ternir les entrées de ce No Time to Die, ou de déséquilibrer les comptes d’un studio qui devra, une fois de plus, investir dans une nouvelle session d’affichage publicitaire et de matraquage médiatique pour rappeler au public de l’an prochain la sortie du projet. A croire qu’on ne se débarrasse pas aussi facilement de Daniel Craig, dont la carrière de James Bond est symboliquement rallongée d’une année.

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