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CRITIQUES

On a vu le film Shazam! : coup de foudre ou coup de mou ? [critique]

Après la sortie du film Aquaman en décembre dernier et son succès commercial – 1,147 milliard de dollars de recettes au box-office américain  -, la maison d’édition américaine DC Comics et la société de production audiovisuelle Warner Bros. continuent le développement du « DC Extended Universe » dans nos salles obscures. Pour leur septième film se déroulant dans l’univers cinématographique DC – initié en 2013 par le film Man of Steel de Zack Snyder -, DC Comics et Warner Bros. ont décidé d’introduire dans le DCEU un nouveau super-héros peu connu du grand public. Réalisé par David F. Sandberg et joué par l’acteur Zachary Levi, le film Shazam! nous raconte – une fois de plus n’est pas coutume – la genèse du personnage éponyme. 

Synopsis de Shazam! : On a tous un super-héros qui sommeille au fond de soi… il faut juste un peu de magie pour le réveiller. Pour Billy Batson, gamin débrouillard de 14 ans placé dans une famille d’accueil, il suffit de crier « Shazam ! » pour se transformer en super-héros. Ado dans un corps d’adulte sculpté à la perfection, Shazam! s’éclate avec ses tout nouveaux super pouvoirs. Est-il capable de voler ? De voir à travers n’importe quel type de matière ? De faire jaillir la foudre de ses mains ? Et de sauter son examen de sciences sociales ? Shazam repousse les limites de ses facultés avec l’insouciance d’un enfant. Mais il lui faudra maîtriser rapidement ses pouvoirs pour combattre les forces des ténèbres du Dr Thaddeus Sivana…

DCEU le cinéma ?

Créé par le dessinateur C.C. Beck et le scénariste Bill Parker à la fin des années 30, l’apparition du personnage sur papier imprimé est retardée pour des raisons d’ordre légales et ne se fera qu’en 1940 lors de la publication du comic book Whiz Comics n°2 sous le nom de Captain Marvel. Les ennuis ne font alors que commencer… En effet, fortement inspiré du personnage de Superman, le super-héros de Whiz Comics est obligé de mettre un terme à sa carrière en 1953 à la suite de multiples procès intentés par la maison d’édition DC Comics pour plagiat. Fortement affaiblie après ces déboires judiciaires, DC Comics finira par racheter Whiz Comics ainsi que tout son catalogue de personnages. Captain Marvel y compris.

Initialement prénommé Captain Thunder par ses créateurs, le super-héros de Whiz Comics se révéla au public sous le nom de Captain Marvel. Or les droits du nom Captain Marvel, laissés vacants dans les années 50 ont été rachetés par Marvel Comics en 1967. Finalement, le personnage sera renommé Shazam! en 2011 lors de la publication du comic book The New 52 qui marque le début de la Renaissance DC ; reboot complet de l’univers DC sensé simplifier le-dit univers jugé trop complexe pour les nouveaux lecteurs. 

Vous êtes sûrement en train de vous demander si cette petite retrospective était bien utile. Eh bien oui! Car elle permet de comprendre le ton et les multiples références faites dans le film Shazam! sorti ce mercredi 3 avril dans nos salles obscures. Transition toute trouvée, c’est parti !

Adaptation (de) comique

Contrairement aux films du MCU (Marvel Cinematic Universe), les productions de l’univers cinématographique DC – le DCEU (DC Extended Universe) pour les fans – ont acquis, depuis le Man of Steel de Zack Snyder, la réputation de proposer une atmosphère et des thématiques fidèles à celles des comic books. À ce titre, le ton du film Shazam! et la construction du personnage éponyme sont ouvertement inspirés de ceux que l’on retrouve dans l’ère de la Renaissance DC initiée par le comic-book The New 52. Le personnage de Shazam! est donc celui d’un pré-adolescent propulsé dans un corps parfait au pouvoirs magiques qui font de lui « le mortel le plus puissant de l’univers ». Rien que ça.

Les bandes annonces et autres teasers diffusés lors de la campagne promotionnelle de Shazam! donnaient déjà un aperçu de ce qu’allait être le film ; à savoir une origin story de super-héros comme on en fait depuis presque 20 ans et une inévitable sur-couche d’humour et de blagues potaches niveau collège. Un film destiné à un jeune public. Très jeune même. En ce sens, le film a pleinement conscience de ce qui marche et des attentes de son public et compte bien capitaliser dessus. Ainsi, Billy Batson est un gamin de 14 ans et à cet âge là peu de choses nous importent excepté les filles, la frime et faire des âneries. Si le film nous épargne d’une bleuette d’adolescents shootés à la Red Bull et aux Doritos, il ne lésine pas en revanche sur l’humour et les blagues « pipi-caca ». Ça tombe bien je suis bon client…

Ainsi, il m’a été difficile de ne rire devant les vannes et les blagues malaisantes tant elles pleuvent dans Shazam! comme les soupirs et les yeux levés au ciel devant Captain Marvel. À ce titre, l’humour du film connaît son apogée quand Billy Batson et son frère adoptif Freddy tentent d’appréhender les pouvoirs du sorcier Shazam! et d’en tirer gloire sur YouTube. Dès lors, si vous êtes un tant soit peu réceptif à ce genre d’humour, vous allez passer un bon moment tant toutes les situations sont sujettes à la pantalonnade grasse et au ridicule. Malheureusement, à l’image des pré-ados envers qui il s’adresse et dont il s’inspire, le film Shazam! ne sait pas s’arrêter quand il le devrait ; devient ennuyant et finit même par devenir franchement agaçant. 

Tobey or not to be ? 

En dépit des rires – qui dépendront de votre tolérance à l’humour pour prépubères – et la première heure du film passée, Shazam! apparait de plus en plus pour ce qu’il est réellement : une sympathique comédie familiale et un mauvais film de super-héros. En effet, tout du long des 2H11 du film, celui-ci ne parvient jamais à masquer ses défauts d’écriture tant au niveau de son scénario que de ses personnages secondaires.

Le dit scénario tient littéralement sur une serviette en papier tant il est simpliste et tant il reste prévisible du début à la fin. Pour peu que vous n’ayez pas saisis les tentatives grossières du réalisateur et des scénaristes pour vous présenter les thématiques du film, les apartés sur les passés familiaux de Billy Batson et du Dr. Sivana sont absolument inutiles et n’apportent rien que l’on ne sache déjà.

Il faut néanmoins souligner les efforts des équipes de tournage et de post-production qui tentent de cacher toute cette misère narrative sous une couche d’effets spéciaux et d’action. Malheureusement celle-ci s’avère bien trop fine pour espérer pouvoir cacher quoique ce soit et l’ensemble reste bien fade et mollasson. La faute, dirons-nous, au budget du film – 80 millions de dollars – bien moins important que sur Man of Steel et Batman v Superman de Zack Snyder. 

Tout cela sonne finalement comme un immense gâchis et l’intérêt de Shazam! est de me rappeler des jours meilleurs. Des jours d’antan…

Dès lors, on se surprend à être nostalgique des années 1996-2008, ces années bénies pour le cinéma de genre du « super-héros » durant lesquelles faire des films de ce type était synonyme de risque et où on plaçait l’argent dans le talent de réalisateurs visionnaires tels que Guillermo Del Toro, Bryan Singer, Sam Raimi ou encore Ang Lee. Des artistes qui, à l’image de Sam Raimi avec sa trilogie Spider Man, ont grandis avec ces personnages et ont compris les mythes qu’ils représentent et les valeurs symboliques qu’ils véhiculent. 

Alors que la citation apocryphe de Ben Parker résonne encore dans nos têtes et ressort à l’occasion de soirée bien arrosée, force est de constater qu’aujourd’hui posséder un grand pouvoir implique d’avoir une chaîne YouTube. Avouez qu’on a connu mieux.

Quand la magie n’opère plus

En fin de compte,  Shazam! est un film de super-héros bas de gamme et mal écrit comme il en existe déjà dans l’univers cinématographique DC. Clairement destiné à un public familial, Shazam! est une comédie sympathique. Assez drôle – pour peu que l’on soit client de son humour-, le film se laisse regarder si l’on ne tient pas compte de ses lacunes scénaristiques et de la jolie sur-couche d’action et d’effets spéciaux. 

Comme il a pu le prouver par le passé avec Annabelle 2 : La Création du Mal – un film dont on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement brillant ni même innovant pour le genre du cinéma d’horreur – le réalisateur de Shazam! sait réciter sa leçon. Avec Shazam!, David F. Sandberg fait clairement office de bon élève en récitant une formule, certes apprise par coeur et maitrisée de bout en bout mais manquant cruellement de talent et de saveurs. Il n’empêche que son attitude de premier de la classe et la bonne note du film au box-office américain lui vaudra une jolie place à Hollywood.

À croire qu’il suffit désormais de faire des blagues potaches, de développer une intrigue compréhensible par une population ne dépassant les 70 points de QI et quelques effets spéciaux pour impressionner mémé pour faire un succès critique et/ou commercial au cinéma. Pas de quoi crier à l’éclair de génie en somme…

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