Dans le cadre de la perpétuelle fuite en avant qui occupe l’ensemble des grands distributeurs depuis le mois de mars, Disney fait le choix de réserver la sortie du film Soul de Pete Docter et Kem Powers à la plateforme Disney+. Contrairement à Mulan, proposé sur le service de streaming avec une surcharge de 30 euros en plus de l’abonnement mensuel aux Etats-Unis, le dernier né des studios Pixar ne coûtera rien de plus aux adhérents de Disney+, et sortira le 25 décembre pour accompagner les fêtes de fin d’année. Le film s’intéresse à l’aventure d’un musicien de jazz, Joe Gardner (Jamie Foxx) dont l’âme est envoyée dans l’au-delà après un accident de voiture, et qui va devoir rejoindre son corps à temps pour participer à un concert au légendaire Half Note Club de New York. Si possible, en évitant de mourir au fil de l’aventure.

Soul Sacrifice

Année compliquée pour les studios Disney, avec les retards accumulés sur les différentes productions de Marvel Studios et des sorties remises à l’an prochain pour l’ensemble du catalogue super-héros. Aux Etats-Unis, les salles de cinéma de New York et Los Angeles restent fermées pour le moment, avec la reprise des cas de COVID en Europe, le groupe cherche encore à éviter la casse en passant par le réseau de distribution traditionnel, largement déserté par l’ensemble des grands studios d’Hollywood. Récemment, le dernier James BondNo Time to Die, était repoussé par la MGM, tandis que Warner Bros. repoussait le Dune de Denis Villeneuve à l’an prochain. Au carrefour de différents secteurs concernés par la pandémie (la division des parcs Disney licenciait 28000 employés aux Etats-Unis dernièrement), le géant du divertissement choisit de se reposer sur l’un des rares secteurs porteurs en période de confinement. Pour rappel, la plateforme Disney+ aura passé le cap des soixante millions d’abonnés à travers le monde moins d’un an après son lancement.

Sur la question du surcoût, l’expérience Mulan ne semble pas avoir fonctionné – plusieurs éditorialistes spécialisés dans l’observation du marché du cinéma se seront déjà exprimés sur les limites de cette stratégie en temps de crise, et sur l’impossibilité de rattraper le chiffre d’affaire habituel des films Disney proposés en salles (aux alentours du milliard de dollars de recette pour la catégorie des remakes de dessin animé) en optant pour la distribution dématérialisée. L’enseigne a sans doute du trancher pour avoir un produit à proposer pour les fêtes, un choix difficile mais qui devrait satisfaire les familles, faute de mieux.

En France, la chronologie des médias ne permet pas d’envisager que Soul sorte en salles en parallèle d’une diffusion sur Disney+. Reste à voir si les règles seront les mêmes pour chaque territoire.

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