Dans la catégorie des bonnes nouvelles susceptibles d’aider à passer le couvre-feu sans anxiolytiques ou carte de fidélité chez un psy’ accessible aux bons horaires : souvenez-vous, le prochain David Fincher sort cette année. Sur une cadence impressionnante, Netflix se chargera une fois de plus de caler un creux de cinéphilie pour les amateurs du metteur en scène, après avoir déjà livré le dernier né de son pote dialoguiste, Les Sept de Chicago, il y a moins d’une semaine. En attendant de savoir si l’un et l’autre profiteront des futures cérémonies de remises de prix pour causer Bitcoins, surveillance de masse et algorithmes dévastateurs (ou quoi que ce soit susceptible de nourrir l’espoir de quelques fous), le film Mank continue de s’annoncer avec une seconde bande-annonce, plus longue et plus bavarde que la précédente.

Basé sur un scénario du père de David Fincher (Howard Kelly dit « Jack«  Fincher), le film interroge la paternité du réalisateur Orson Wells sur son fameux chef d’oeuvre Citizen Kane. Co-écrit par le grand Herman J. Mankiewicz, le film avait été l’objet d’une discorde dans les années 1970 lorsque la critique Pauline Kael avait avancé l’idée que Wells ne méritait pas d’être crédit au scénario du projet. Vu de très loin, un sujet de niche, mais qui permettra à Fincher de parler de cinéma, de l’histoire du cinéma, d’exorciser un éventuel rapport au père, et de rendre hommage à l’un des plus grands films de la production américaine. Une atmosphère ténébreuse et superbement éclairée par le chef opérateur du cinéaste, Erik Messerschmidt, déjà présent sur la série Mindhunter.

J’aime pas trop les voleurs

Gary Oldman se chargera du rôle central de Mank, critique, script-docteur et père fondateur de l’esprit américain dans le cinéma des années 1930 avec une qualité particulière dans l’humour sec, la satire et les films de dialogues. A ses côtés, le comédien (chevrotant) retrouvera Amanda Seyfried en Marion DaviesLilly Collins en Rita AlexanderArliss Howard dans le rôle du grand mogul de la MGMLouis B. Mayer, et Tom Burke en Orson Wells fidèle à l’autoportrait légendaire que le bonhomme aura façonné pour lui-même au fil de ses apparitions méta’ à l’écran ou à la radio. A la musique, Trent Reznor et Atticus Ross, compagnons de route habituels de David Fincher, se chargeront d’imiter les nappes lugubres et jazzy des années 1930 – une seconde expérience dans ce répertoire musical en parallèle du film Soul de Pixar, là-encore versé dans les sonorités jazz, plus lumineuses.

Dans les premiers bruits de couloir émanant de l’Académie des Oscars, on murmure que Mank serait un concurrent sérieux pour l’édition de l’année prochaine pour la statuette du Meilleur Film, quoi que rien ne soit encore joué. Premier bilan (et premier long-métrage de David Fincher après une longue absence) le 4 décembre prochain.