Sortant dans les salles obscures très prochainement, le film Joker avec Joaquin Phoenix fait décidément beaucoup parler de lui. Le film est aujourd’hui rattrapé par le sujet des fusillades de masse, en écho à celle d’Aurora (Colorado, USA) lors de la projection de The Dark Knight Rises en 2012…

Rappelez-vous, 12 personnes avaient trouvé la mort après que James Holmes, 24 ans, ait fait irruption dans la salle de cinéma qui diffusait pour la première fois The Dark Knight Rises, en juillet 2012. Le tireur, après avoir été arrêté immédiatement sur les lieux de la fusillade, s’était teint les cheveux et se faisait appelé le Joker. Les 12 morts et 70 blessés avaient poussé le studio à annuler l’avant-première du film à Paris, a retiré sa campagne de publicité en Finlande et a repensé le film Gangster Squad et a repoussé sa sortie, le film mettant initialement en scène une fusillade sanglante au sein d’un cinéma.

À l’approche de la sortie du nouveau film signé DC et Warner Bros., les familles des victimes de la fusillade ont adressé une lettre ouverte au studio, craignant que le film ne pousse à la violence et à la terreur dans une atmosphère déjà tumultueuse. En retraçant la vie du Joker, les proches évoquent leurs inquiétudes à l’idée que le film montre une facette du villain qui susciterait de la compassion.
En effet, le film revient sur la transformation d’un humoriste dépressif et malmené par la société en ce personnage machiavélique et violent qu’on connaît bien qu’est le Joker.

L’intention du film n’est pas de faire du Joker un héros.

Face à ces inquiétudes, le studio Warner Bros. a répondu aux cinq membres de familles des victimes ce mardi 25 septembre. Le studio déclare que ni le personnage fictif ni le film ne soutiennent « en aucun cas » la violence, comme le sous-entend la lettre ouverte des familles des victimes. Au contraire, Warner Bros. est convaincu que le cinéma et le storytelling peuvent permettre d’amener à parler de sujets compliqués comme celui des fusillades de masse. Ils affirment d’ailleurs avoir effectué des dons à plusieurs associations de victimes, dont celle de la fusillade d’Aurora, en soutien.
Cette nouvelle polémique relance pour la énième fois le débat sur le port d’armes aux États-Unis, faisant écho au deuxième amendement de la Constitution des États-Unis. En effet, nombreux sont les américains attachés à cette liberté qu’ils jugent fondamentale. Cependant, force est de constater que le droit de port d’armes n’est pas réellement bénéfique pour les américains. Au 31 août 2019, 297 fusillades de masse ont été recensé aux États-Unis, ce qui représente environ 1,2 fusillade par jour.

Le film Joker qui sortira dans les salles le 4 octobre aux États-Unis ne sera donc pas diffusé dans le cinéma où a eu lieu la fusillade à Aurora. Pour information, le film sortira sur les écrans français le mercredi 9 octobre.