Après avoir (enfin) authentifié et daté le projet Mad Max : Furiosa de George MillerWarner Bros. annonçait un tir groupé de long-métrages pour l’année 2023. Après le tumulte de ces dernières semaines, le studio se veut rassurant quant à la question de la répartition des sorties entre salles de cinéma et vidéo-à-la-demande, et promet par exemple que l’aventure de la jeune Furiosa d’Anya Taylor-Joy aurait bel et bien droit à une exploitation standardisée dans le réseau classique, projecteurs, écrans et popcorn hors de prix. Les annonces de Warner Bros. ne s’arrêtaient pas en si bon chemin, avec l’annonce d’une comédie musicale basée sur La Couleur Pourpre, et un long-métrage consacré au rusé Coyote, grand adversaire de Bip Bip au karma capricieux, avec Coyote vs Acme.

Un film se prépare bel et bien pour ce personnage du catalogue Looney Tunes, avec Chris DeFaria à la production, qui enchaîne les adaptations de cartoons après le projet Tom & JerryCoyote vs Acme se présente comme un autre mélange d’animation et d’images réelles, avec une supériorité intéressante sur le plan de l’écriture : James Gunn, grand amoureux de cette école de dessins animés, participe au scénario aux côtés de Jeremy Slater (The Umbrella AcademyMoon Knight), Jon et Josh Silberman, et Samy Burch. Le réalisateur Dave Green (Teenage Mutant Ninja Turtles 2) se chargera de la mise en scène.

Carnivorus Vulgaris

Inventés par le génial Chuck Jones en 1948 et 1949, Bip Bip et Vil Coyote (Roadrunner & Wile E. Coyote) suivent un schéma narratif systématique au fil de leurs nombreuses aventures communes : le prédateur veut manger l’oiseau, qui court trop vite pour lui et finit systématiquement par lui échapper. A la différence de concepts du même genre dans l’animation traditionnelle, comme Tom & Jerry ou Titi & Grosminet, le Coyote rivalise d’inventivité en concevant toute une série de pièges astucieux, ou investit des fortunes dans tout un attirail d’armes variées, de dynamites ou d’engins à propulsion pour tenter de croquer le piaf dans un décor de routes et de roches en périphéries de canyons escarpés. La machinerie finit toutefois par se retourner contre lui à coup sûr, offrant des expressions de surprises, de déceptions ou de fatalisme qui suscitent généralement l’adhésion du public, tristes ou hilares de voir ce pauvre Coyote en victime systématique.

Coyote vs Acme devrait prendre une tournure plus originale que la simple adaptations de gags venus du dessin animé : le long-métrage adapte un article paru dans le New Yorker, qui décrit un procès fictif entre le prédateur et la société Acme. Dans le cartoon, cette compagnie fictive était le principal fournisseur d’armes et de pièges défectueux employés par le Coyote, qui finirait donc par attaquer ces escrocs en justice pour souffrance émotionnelle et abus de confiance. En 1990, le journaliste Ian Frazier rédigeait l’article Coyote vs Acme, qui devrait être porté au cinéma dans la tradition des papiers de journaux adaptés par Hollywood (à l’image de The Bling Ring ou de la sympathique comédie Tag).

Reste maintenant à voir si le résultat sera plus original que le film prétexte Tom & Jerry, qui ne paraît pas changer grand chose au jeu du chat et de la souris en dehors de quelques humains en images réelles ajoutés pour faire joli (et d’un emprunt au film La Souris, chef d’oeuvre mésestimé de l’enfance de quelques uns). Coyote vs Acme accompagnera Furiosa et La Couleur Pourpre en 2023, avec une sortie réservée pour le cinéma et calée au 21 juillet aux Etats-Unis.

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